MARCHÉ DU TRAVAIL • De plus en plus de jeunes mamans lancent leur société, souvent par manque d’alternatives professionnelles. Une association a ouvert une antenne fribourgeoise.

PATRICIA MICHAUD

Nicole Python-Oberson a travaillé durant vingt ans dans la branche touristique. Après la naissance de son premier bébé, elle décide de se consacrer entièrement à ce nouveau rôle de maman. Une dizaine d’années (et un deuxième enfant) plus tard, «j’ai eu envie de reprendre une activité professionnelle. Mon premier réflexe a été de chercher un emploi fixe dans le tourisme. Mais je me suis vite rendu compte que trouver un poste à temps partiel à la fois stimulant et me laissant suffisamment de liberté pour gérer ma vie familiale allait être très compliqué. J’ai alors lancé ma société Bulle d’O Bulle d’R.» Depuis quelques mois, Nicole Python est donc «mampreneur », une contraction des mots «maman» et «entrepreneur». Basée à La Tour-de-Trême, Bulle d’O Bulle d’R propose aux patrons de PME et aux indépendants des services d’assistance personnalisée, tels qu’organisation d’événements, gestion d’agenda ou encore recherche d’informations. «Pour l’instant, je travaille depuis la maison, à environ 50%. Mais il n’est pas exclu que ce taux grandisse en même temps que mes enfants», rigole-t-elle.

Problème non résolu

A l’image de Nicole Python-Oberson, de plus en plus de mamans décident de monter leur propre entreprise afin de concilier au mieux vies familiale et professionnelle. Il faut dire que malgré une médiatisation accrue, le problème du retour sur le marché du travail salarié après une pause maternité demeure encore non résolu en Suisse. «Bien sûr, une partie des mampreneurs sont des femmes qui avaient déjà la fibre entrepreneuriale, et auraient fait le grand saut dans l’indépendance, grossesse ou pas», relève Walter Regli, directeur de la plateforme Startups.ch. Reste que «la majorité d’entre elles devient son propre patron par manque d’alternatives intéressantes».

Selon les chiffres de la structure d’aide au lancement de start-up, les femmes étaient à l’origine de 26% des créations d’entreprises en 2014. «Parmi elles, environ la moitié était des mampreneurs. Et ce taux devrait être en légère hausse pour 2015», précise Walter Regli. «Certes, il y a toujours eu en Suisse de nombreuses mamans qui excerçaient des activités professionnelles indépendantes. Mais désormais, elles le font de façon beaucoup plus structurée», relève l’observateur. Si l’on trouve des mampreneurs dans tous les secteurs d’activité et dotées de tous les niveaux de qualifications, plusieurs tendances sortent néanmoins du lot. «De nombreuses femmes lancent une société offrant des produits ou services en lien avec les enfants. Elles tirent profit de leur propre expérience de la maternité et des éventuelles lacunes observées sur le marché», constate Walter Regli. Sans surprise, des organisations destinées à encadrer ce type spécifique d’entrepreneuriat ont vu le jour. C’est le cas de l’Association suisse des mamans entrepreneurs, cofondée il y a cinq ans par Katell Bosser. Les conditions pour adhérer à cette structure – qui a inauguré son antenne fribourgeoise début mars – sont simples: «Il faut avoir un enfant au minimum et avoir déjà émis au moins deux factures.»

Le prochain Mamcafé organisé par l’antenne fribourgeoise de l’Association suisse des mamans entrepreneurs aura lieu le 12 mai prochain à Sorens. Plus d’infos sur www.mampreneurs.ch

0 Comments

Leave a reply

Il tuo indirizzo email non sarà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *

*

© 2019 Association suisse des Mampreneurs. L'audace de se réaliser. Uniques. Ensemble. - Made by Siiimple.

Nous contacter

Sending

Log in with your credentials

Forgot your details?